Borderlands 3 – Krieg le Sadique… : une quatrième campagne en forme de thérapie

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

La quatrième et dernière campagne additionnelle pour Borderlands 3 arrive et s’attaque à un sujet d’importance : que se passe-t-il dans la tête d’un sadique ? Pour répondre à cette question, vous allez plonger, littéralement, dans la tête de l’un d’entre eux. Un voyage qui risque de mettre à mal votre santé mentale.
Borderlands 3 a toujours été un FPS flirtant allègrement avec la folie, ne serait-ce qu’à travers sa galerie de personnages déjantés. Cette quatrième campagne additionnelle décide donc d’en faire son sujet principal, à travers un pitch franchement original : Tannis, la scientifique du Sanctuary, vous propose de participer à une nouvelle expérience : plonger dans la psyché d’un “Sadique” afin de découvrir les raisons de la défaillance de leur santé mentale et leur perpétuelle envie de meurtre. Le cobaye s’appelle Krieg et vous le connaissez peut-être puisque c’est l’une des classes jouables qui a été ajoutée dans un DLC de Borderlands 2.
Il n’y a donc pas, à proprement parler de nouvelle planète dans ce nouveau chapitre de Borderlands 3, puisque vous allez vous transporter dans la tête de Krieg et y découvrir plusieurs de ses souvenirs, qui sont autant d’environnements différents. L’ouverture du jeu est, à ce titre, particulièrement mémorable : vous arrivez dans une prairie bucolique et ensoleillée, avec l’impression que tout est calme. Puis un gigantesque Sadique apparait au loin, tel un titan mythologique. S’ensuit un combat épique où vous devez résister à une vague de minis sadiques chevauchant des missiles, avant que tout soit interrompu par “Krieg Sensé”, soit la partie saine de Krieg, celui qui veut avant tout redevenir quelqu’un de normal.
Plus on est de fous, plus on rit
On aborde d’ailleurs là ce qui est certainement la meilleure idée de “Krieg le Sadique et l’Incroyable Butin de Pordel” : la dualité de Krieg est représentée par deux versions du même personnage, qui débattent constamment entre elles. Krieg Sensé se sent prisonnier de cet esprit malade et nous demande de le libérer coûte que coûte. En face, Krieg le Sadique est un personnage complètement fou, qui débite des répliques insensées et savoureuses tout au long de la campagne. Si vous avez trouvé l’humour de Borderlands 3 lourdingue, bonne nouvelle : ici, la vulgarité fait bien souvent place à l’absurde, essentiellement grâce à la présence de ce Krieg fou et ses punchlines qui n’ont bien souvent aucun sens. Notons, à nouveau, l’excellent travail de doublage en français, qui donne corps à l’un des personnages les plus drôles de tout l’univers Borderlands.
L’intrigue principale se révèle par ailleurs intéressante, voire touchante à quelques moments. Les deux versions de Krieg font parfois preuve d’une sensibilité étonnante, comme lors de cette quête mettant en scène un amour impossible avec un personnage connu de la saga, ici traité avec une douceur et une mélancolie que l’on ne s’attendait pas à trouver dans Borderlands. Forcément inspiré de jeux comme Psychonauts ou de films comme Inception, Krieg le Sadique s’applique à nous raconter une histoire prenante et permet de donner de la profondeur à un personnage qui, à la base, n’est que de la chair à canon pour le joueur. La contrepartie de cette histoire bien menée, c’est que le tout s’avère plus linéaire qu’à l’accoutumée et que les quêtes secondaires sont rares et souvent peu intéressantes. Ces dernières sont ainsi souvent l’occasion de saynètes entre les deux Krieg et se résolvent en quelques minutes. Les PNJ autres que les Krieg sont également très peu nombreux, ce qui donne à ce DLC l’impression d’être un peu plus “vide” que ses prédécesseurs.
Des combats réussis, mais des boss longuets à abattre
Pour autant, les environnements visités sont variés et réussis, le concept d’explorer les souvenirs de quelqu’un offrant aux équipes de Gearbox l’occasion de se lâcher en matière de level-design et de direction artistique. Ici un niveau qui s’inspire des illusions d’optique d’Escher, là un décor fait de chair et d’os qui n’est pas sans rappeler l’Enfer de Doom ou encore un laboratoire où se déroule d’horribles expériences. Les ambiances sont variées et l’agencement des niveaux toujours aussi efficace, avec ces grandes zones de combat qui font la part belle à la verticalité. On retrouve ainsi une bonne idée issue du précédent DLC, à savoir des bumpers qui permettent d’effectuer de très grand saut et donnent un côté aérien aux affrontements. Notez également que les ennemis peuvent être très nombreux et agressifs et que, plus que jamais, Borderlands 3 est ici à la frontière du fast-FPS.
À ce sujet, les boss sont assez nombreux, mais, malheureusement, plus source de frustration que d’amusement. Non pas à cause de la difficulté des affrontements – relativement modérée -, mais à cause de leur aspect “sac à PV” qui les rend extrêmement longs à tuer. Rarement l’on a vu une barre de vie baisser aussi lentement et autant vous dire qu’un échec vous forçant à recommencer au début du combat vous donnera surtout envie de rage-quit.
“Krieg le Sadique et l’Incroyable Butin de Pordel” est donc une bonne campagne additionnelle pour Borderlands 3, mais pourrait peut-être décevoir ceux qui veulent avant tout de grandes zones à explorer remplies de quêtes secondaires. Mais l’histoire est très bien menée (peut-être l’une des meilleures parmi tous les DLC sortis jusqu’à présent) et l’ensemble délivre son lot d’humour, de combats intenses et de loot à foison. L’essentiel de ce que l’on attend de ce genre d’extension.
Une bonne histoire, originale et qui peut s’avérer touchante
Des environnements très réussis
Intense en action
Krieg le Sadique, un personnage que l’on n’oublie pas
Un vrai manque de quêtes secondaires
Les boss “sac à PV” pénibles à abattre
Structure du jeu très linéaire
Cette quatrième campagne additionnelle pour Borderlands 3 n’est sans doute pas la plus généreuse en contenu, mais reste très réussie grâce à une bonne histoire, un duo de personnages (les deux Krieg) très attachant et un humour aux confins de l’absurde qui fait mouche. L’idée d’explorer la conscience d’un sadique est l’occasion pour Gearbox de laisser libre court à ses délires visuels et l’on profite de décors variés et bien souvent très originaux. Plus axé sur l’histoire principale que sur l’exploration et les quêtes secondaires, “Krieg le Sadique et l’Incroyable Butin de Pordel” surprend là où on ne l’attend pas et offre suffisamment de moments d’adrénaline pure pour satisfaire les fans de Borderlands..
15
Conclusion :
15 / 20

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