Immortals Fenyx Rising : entre Zelda et Assassin’s Creed, son coeur balance

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

Beaucoup d’évènements peuvent se produire en une seule année. C’est sans doute ce que doit se dire Gods & Monsters, annoncé à l’E3 2019, attendu pour début 2020 puis finalement repoussé sans date précise avant de revenir aujourd’hui sous un nouveau nom symbolique de sa petite renaissance : Immortals Fenyx Rising. Désormais affublé d’une date de sortie (le 2 décembre 2020) et armé de son nouveau sobriquet, le titre a pu récemment se laisser approcher et montrer ce qu’il a dans le ventre. Voici nos premières impressions.
Nous savions pour l’instant très peu de choses sur le nouveau titre en monde ouvert d’Ubisoft, si ce n’est son concept axé autour de la mythologie grecque, et quelques bases de gameplay tirées des vidéos fuitées d’il y a quelques mois. Pendant 2 heures, nous avons ainsi pu nous essayer aux activités disponibles dans l’une des zones de l’open world et découvrir quelques bases narratives de l’aventure.
Nom de Zeus
C’est justement sur ce point que nous allons nous attarder en premier. Immortals Fenyx Rising permet aux joueuses et joueurs d’incarner Fenyx, un personnage que vous pourrez personnaliser au début de votre partie avant de tenter d’accomplir la tâche qui lui incombe : évincer Typhon de la terre des dieux pour permettre à ces derniers de retrouver leur environnement. Un contexte narratif qui était ici habillé et présenté par un narrateur, Prometheus, parfois embêté par un Zeus affable venant se moquer de ses tournures ou simplement ajouter un commentaire cynique à chaque fois le joueur accomplit une tâche. De ce que nous avons pu en voir, l’idée est assez réussie et permet d’ajouter de la personnalité à un titre qui en manque régulièrement, mais nous y reviendrons. Notez tout d’abord que si nous n’avions ici accès qu’à la version en V.O, la version française accueillera un certain Lionnel Astier (Oui, le célèbre Léodagan de Kaamelott) en tant que comédien de doublage de Zeus. Le choix semble particulièrement pertinent, et nous sommes donc curieux de voir le résultat final.
Bien Malaka ne profite jamais
Nous évoquions quelques lignes plus haut un manque de personnalité, celui-ci se reflète dans une grande partie d’Immortals Fenyx Rising. Ainsi, le système de combat s’avère extrêmement proche de celui d’Assassin’s Creed Odyssey, qu’il s’agisse du choix des touches similaire, de la possibilité de switcher entre affrontement direct et infiltration, ou même du style des pouvoirs, qui sont certes différents, mais évoquent visuellement certains de ceux que Kassandra ou Alexios pouvaient utiliser. L’ensemble se veut toutefois un peu plus aérien, notamment grâce à quelques compétences permettant d’enchaîner un ennemi dans les airs ou un pouvoir offrant la possibilité de planer en consommant notre jauge d’endurance. Quelques subtilités supplémentaires s’invitent aussi dans la danse, comme la nécessité de régulièrement refaire le plein de potions de Circé pour ne pas laisser votre vie et votre endurance trop à la peine.
On retrouve par ailleurs deux autres éléments classiques du genre, entre les compétences à débloquer et améliorer via l’obtention de pièces de Charon (nous y reviendrons), et un système d’équipements ou chaque arme et objet assigné au personnage procurait des bonus spécifiques. Rien de forcément très original ou singulier donc, mais ce choix a aussi comme atout principal d’offrir un système de jeu déjà éprouvé que l’on maîtrise assez rapidement et qui offre des sensations très convaincantes. C’est le cas ici.
Un level design un peu (u)lisse
S’inspirer avec succès d’un titre n’est pas une tare, mais le faire d’un autre sans en retrouver toute la saveur est déjà un peu plus risqué. Cet autre titre, c’est The The Legend of Zelda : Breath of the Wild, dont plusieurs éléments se retrouvent à toutes les couches d’Immortals Fenyx Rising. La map très verticale du monde ouvert, par exemple, nous incite à utiliser la capacité d’escalade du personnage sur chaque paroi, le tout en consommant notre jauge d’endurance. Fenyx peut apprivoiser des chevaux sauvages ou faire léviter les objets pour les énigmes, le résultat visuel évoquant ici celui d’un Link affublé des pouvoirs magnétiques. Énigmes dont le style évoque celle des sanctuaires, là aussi, même s’il faut en revanche saluer leur diversité : si l’on retrouve quelques éléments communs, les 4 ou 5 séquences essayées ont laissé entrevoir assez de variété et de bonnes idées dans les réflexions à mener pour accomplir les tâches concernées. Cela allait notamment de la réussite d’un taquin à l’activation d’un bouton dans le bon timing avant le lancer d’une sphère, en passant par la bonne conduite d’une flèche devant passer dans tous les cercles ou l’utilisation coordonnée de mécanismes pour éviter d’être touché par des lasers.
Chaque point d’intérêt recèle une énigme de ce type ou des ennemis à abattre, le tout visant à vous faire progresser dans vos compétences via l’obtention des fameuses pièces de Charon. Quelques boss sont également de la partie. Le point le plus dommageable reste la construction du monde : le level design manque foncièrement de subtilité et multiplie les points d’intérêt faciles à découvrir, lorgnant plus sur une approche Ubisoft classique visant à guider le joueur, alors que dans le même temps, les mécaniques reprises de Zelda (escalade, points d’intérêt révélés par le joueur lui-même) feraient davantage sens dans un monde à l’exploration plus souple. Il ne s’agissait ici que d’une région et il faudra voir si nos impressions se confirment sur la durée, mais cette session nous a donc paru plus agréable dans ses affrontements ou certaines énigmes que dans l’exploration d’un monde ouvert timide et sans grandes idées.
S’appuyer sur des formules qui ont fait leurs preuves est un choix compréhensible, il n’est guère étonnant de voir Immortals Fenyx Rising suivre cette voie. Avec des combats dynamiques et efficaces qui doivent beaucoup à Assassin’s Creed Odyssey d’un côté, et plusieurs mécanismes d’exploration évoquant Breath of the Wild de l’autre, le titre d’Ubisoft Québec prend peu de risques et propose une formule facile à appréhender manette en main. Mais avec ce choix, il navigue aussi entre deux eaux et peine à montrer de la personnalité, qui ne se dessine pour l’instant qu’au travers de la petite touche d’humour apportée par le narrateur. Est-ce que ce sera suffisant pour qu’il séduise les joueurs ? Nous le saurons le 3 décembre prochain, date à laquelle sortira Immortals Fenyx Rising.
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